Compte-rendu du colloque 2001 :

 

Le 2ème colloque francophone du club SFO/Cmoi s'est déroulé à Trégastel du 20 au 23 novembre 2001.

Près de 140 personnes (dont 50 % d’industriels) ont assisté au deuxième colloque francophone bien organisé par EADS France (domaine de Villepreux de Saint Aubin de Médoc) et la Société Française d’Optique (SFO) au VVF de Trégastel en Bretagne.

 

Le succès de ce colloque (75 conférences) est probablement lié aux thèmes proposés (dont deux nouveaux sur la thermographie et sur les enjeux de la qualité, de la normalisation, de la certification et de la formation) et aux efforts réalisés pour rapprocher chercheurs et industriels, mais également au soutien efficace apporté par divers organismes complémentaires de la SFO :

 

•Agence de Soutien des Technologies de la Recherche Industrielle et du Développement: ASTRID

•Association Française de Mécanique: AFM

•Association pour le développement des Scienceset Techniques de l’Environnement: ASTE

•Club 26 "Rayonnements, Mesures et Vidéo rapidede la Société de l'Électricité, de l'Électroniqueet des Technologies de l'Informationet de la Communication": SEE

•Collège de Métrologie du Mouvement Français pour la Qualité: MFQ

•Comité Belge d'Optique: CBO-BCO•Délégation Générale pour l’Armement: DGA

•European Aeronautic Defence and Space Company: EADS France

•Groupement des Industries Françaises de l’Optique: GIFO

•Groupement pour l’Avancement des Méthodesd’Analyse des Contraintes: GAMAC

•Pôle Régional et International des SciencesMétrologiques: PRISM 3

•Société Française des Mécaniciens: SFM

•Société Suisse d'Optique et de Microscopie: SSOMet par diverses revues spécialisées, notamment «Contrôle Industriel», «Essais Industriels»,«Mesure» et «Optique et photonique».

 

Le colloque a été divisé en 8 sessions pour 75 conférences :

• Session 1: Techniques émergentes.

Présidée par G. ROOSEN (Laboratoire Charles Fabry, Institut d'Optique, CNRS, Orsay) et par J.L. TRIBILLON (DGA/DSP/SREA, Paris) a traité des techniques optiques émergentes dans les domaines les plus variés : caractérisation de structures multicouches et de surfaces asphériques par une méthode interférométrique en lumière polychromatique basée sur l'observation de "spectres cannelés" en lumière blanche permettant une haute résolution avec une grande dynamique; analyse quantitative des écoulements aérodynamiques instationnaires en soufflerie par interférométrie holographique en couleur et en temps réel; utilisation des cristaux photoréfractifs pour réaliser des filtres de Fabry-Pérot autoadaptatifs permettant la réalisationde lasers de grande longueur de cohérence avec fiabilité et à moindre coût; visualisation à travers des milieux diffusants en sélectionnant des "photons balistiques" grâce à l'holographie numérique hétérodyne; mesure de faibles variations _n d'indice de réfraction d'un gaz par la méthode de la rétro-diffusion laser (rétro-injection optique à double cavité externe permettant de construire un capteur monobloc de faible coût avec une précision sur _n meilleure que 10-6); étude et développement de la thermographie par comptage de photons dans l'ultra-violet permettant des applications nouvelles et performantes dans diverses industries (automobiles, métallurgiques, aérospatiales), avec de larges gammes de températures et de temps.

 

• Session 2: Sciences de la vie et environnement.

Présidée par J. CARIOU (Laboratoire de spectrométrie et optique laser, Brest) et par J.P. PRENEL (CREST/CNRS, Belfort) a été consacrée aux applications dans les sciences de la vie et dans l'environnement : utilisation de la fluorescence induite par laser à deux couleurs pour la mesure non-intrusive de la température de gouttes dans les brouillards de carburant générés dans les chambres de combustion de systèmes propulsifs; conception et mise en œuvre d'un système de mesure par spectroscopie laser de la concentration en sulfure d'hydrogène de l'air ambiant afin de traiter les nuisances olfactives dans le métro parisien; utilisation de l'imagerie de fluorescence induite par laser pour réaliser pour la première fois l'inventaire ou la surveillance des grands groupes de macro-algues immergées dans l'océan par l'identification, sans ambiguïté, des groupes d'appartenance des algues, et la détermination de la composition précise des couvertures algales immergées (il est à noter que ce type d'imagerie peut être aussi utilisée dans le domaine médical pour l'identification des cellules précancéreuses); visualisation de la position et de la taille de particules submicroniques et détermination de leur indice de réfraction réel par analyse de la polarisation d'un rayonnementlaser diffusé dans le but d'étudier la pollution urbaine (voies automobiles, transports publics,…) ou industrielle (centrales thermiques, cimenteries,…); mesure des temps de coagulation plasmatique par analyse du champ de speckle d'un échantillon de sang dans le cadre du suivi de traitements médicaux affectant la coagulation sanguine; état de l'art dans la mesure géométrique du vivant par projection de franges appliquée dans différents domaines : habillement (performances du textile), médical (prothèses, chirurgie faciale,…) ou cosmétique (rides, poches sous les yeux,…); étude de la formation d'images d'objets 3D microscopiques translucides (pollens) dans le cadre de la prévention des allergies (une modélisation du flou observé dans un microscope optique du fait que la dimension de l'objet 3D translucide est supérieure à la profondeur de champ a été développé et validé); utilisation de la projection de franges pour obtenir une information 3D de la surface libre d'un déversoir d'orage (hauteur de l'eau en chaque point) avec une précision de l'ordre de 4 mm sur un champ d'environ 1 m_, dans le cadre de la résolution des problèmes de dysfonctionnement des réseaux d'assainissement, notamment par temps de pluie.

 

• Session 3: Fibres optiques et optique intégrée.

Présidée par P. FERDINAND (CEA, Gif-sur-Yvette) et A. KLEITZ (PRISM 3, Saint-Louis) a exploré les remarquables possibilités des fibres optiques et de l'optique intégrée : mesure de profils ou de déformations sur des câbles à très haute tension (400 kV) parcourus par des courants élevés (kA) à l'aide d'un profilomètre à fibres optiques léger et de petites dimensions permettant de s'affranchir notamment des perturbations électromagnétiques; évaluation fine des performances des nouveaux extensomètres à fibres optiques à réseaux de Bragg pour le génie civil dans des conditions expérimentales similaires à celles rencontrées in situ, dans le but d'applications au contrôle, à la surveillance et à la prévention des risques associés aux ouvrages et structures; mesure électro-optique opérationnelle, sur du personnel et du matériel, de dose de rayonnement gamma déportée par fibre optique, en se servant du phénomène de luminescence stimulée optiquement pour desapplications au sein de l'industrie électro-nucléaire, en particulier dans le cadre du démantèlement d'installations; étude de la biréfringence d'une fibre optique monomode standard associée à la modélisation et à la réalisation d'un capteur à modulation de la polarisation pour la détection de la vibration et de la pression sonore; développement d'un capteur interférométrique de haute performance et de faible encombrement en optique intégrée sur verre pour le contrôle des positions relatives de miroirs pour un télescope spatial; étude de faisabilité d'un détecteur de présence de tension utilisant des matériaux électroluminescents pour des applications dans les matériels électriques de moyenne tension; réalisation d'un nouveau système pour la tomographie optique cohérente basé sur un interféromètre à base d'optique intégrée utilisant un système de recombinaison multiaxial (trous d'Young) et capable de faire notamment des mesures d'épaisseurs instantanément.

 

• Session 4: Déformations et contraintes – Applications à la mécanique du solide.

Présidée par J. BOUTEYRE (EADS France, Saint-Médard en Jalles) et par P. JACQUOT (MET, École Polytechnique Fédérale de Lausanne), concernait les mesures de déformations et de contraintes appliquées à des domaines industriels les plus variés : utilisation de la micro-photoluminescence comme outil d'imagerie des contraintes, particulièrement pour l'optimisation des procédés de brasure des barrettes de diodes laser de puissance et plus généralement pour caractériser les contraintes générées par les procédés technologiques "pleine-plaque", lors de la réalisation de gravure localisée ou bien de dépôts d'isolants, par exemple; étude d'un interféromètre de speckle capable de travailler en régime dynamique à une cadence de 1 kHz et permettant d'établir la carte des déplacements et de leurs dérivées partielles de structures en vibration (surface de l'ordre du m_) et d'accéder notamment à l'intensité vibratoire et à sa divergeance; développement d'un nouvel instrument de mesure optique pour l'étude de structures 3D en composite comprenant un interféromètre de speckle à multiplexage temporel permettant à la fois la mesure de la forme 3D et des déformations 3D(utilisation de trois vecteurs sensibilité indépendants et de la transformée en ondelettes pour l'extraction de la phase optique); état de l'art concernant la shearographie et ses derniers développements (système d'inspection robotisé multiaxes, unité d'inspection mobile intégrée,…) pour le contrôle non destructif dans divers secteurs industriels (inspection d'éléments composites en avionique, dans l'automobile, recherche de défauts dans des pales d'hélicoptère,…); détection de piqûres de corrosion dans des structures en alliage d'aluminium, sous 5 mm d'épaisseur, par shearographie, avec l'avantage de pouvoir travailler in situ en temps réel sur de grandes surfaces; mesure des déplacements du contour d'une membrane cylindrique en élastomère soumise par gonflage sous pression d'air à un chargement statique (applications à la biomécanique, à la mise en forme de matériaux plastiques,…) et simulation du comportement en grandes déformations à l'aide de l'acquisition et du traitement numérique (programme original de suivi de formes) d'images de la membrane à l'aide d'une caméra CCD rapide (532 x 512 pixels codés sur 8 bits).

 

• Session 4b: Déformations et contraintes – Applications à la mécanique du solide (suite).

Présidée par J.L. ARNAUD (Airbus, Toulouse) et par Y. SURREL (CNAM, Paris) est la continuité de la session 4 : mesure sans contact des déplacements et des grandes déformations sur des films plastiques transparents pour ballons stratosphériques, à l'aide de la photogrammétrie 3D (reconstruction d'une image 3D à partir de deux images 2D données par deux caméras CCD à haute résolution convenablement disposées, et grâce à une calibration précise des paramètres géométriques); mesure de déformations sur des matériaux composites à architecture 3D et analyse de la continuité du champ des contraintes dans la zone utile d'éprouvettes de traction double réduction et de sandwichs en flexion, à l'aide de l'imagerie par caméras CCD et d'un traitement d'images approprié; la caractérisation mécanique de tissus techniques (fibres) entrant dans la fabrication automatisée de pièces composites nécessite différentes techniques optiques :microscopie confocale et stéréoscopie pour les mesures des paramètres géométriques 3D du tissu, corrélation d'images pour la mesure des déplacements 2D donnant des résultats inédits et inaccessibles par ailleurs; mesure en temps réel de la variation de volume d'un échantillon (PET, PMMA) pendant un essai de traction (même si la déformation se localise dans une striction) à l'aide de la vidéo-traction (suivi en temps réel de barycentres de taches déposées sur la surface de l'échantillon) permettant l'obtention de la contrainte vraie et de la déformation volumique en fonction de la déformation vraie à une vitesse de déformation constante; enfin, il est proposé une méthode analytique permettant de visualiser les diverses contraintes crées dans des matériaux isotropes (application à une pression uniforme à la surface d'un bicouche à isotropie transverse) et qu'il conviendrait de valider par méthodes optiques.

 

• Session 5: Mesures des distances, déplacements, dimensions.

A traité des mesures des distances, déplacements et dimensions (3D). Présidée par S. BUCOURT (Imagine Optic, Orsay) et par J.P. MONCHALIN (Conseil National de Recherches du Canada, Québec), cette session a débuté par l'exposé des progrès récents réalisés dans le mesurage interférométrique de composants optiques (formes, rugosité) dont les dimensions peuvent être nettement plus grandes que celles de la pupille de l'interféromètre de base (interférométrie à couplage de zones). Des exemples convaincants d'applications ont été montrés (projet VIRGO, laser mégajoule,…); un interféromètre presque entièrement fibré et utilisant une lumière faiblement cohérente (diode laser supra-luminescente) a été construit pour réaliser des projets d'inspection et de mesures dimensionnelles en usine (cartographie de trous creusés par laser, rétrécissement de mousses en polymère fraîchement extrudées, caractérisation de surfaces abrasées,…); utilisation de la rétrodiffusion dans une diode laser (réinjection parune cible diffusante ou absorbante d'un faisceau laser décalé en fréquence) pour réaliser un capteur de déplacement et de distance attractif dont la précision dépend de l'amplitude de balayage en fréquence, de son échantillonnage et du rapport signal/bruit du signal détecté; le même principe de rétrodiffusion dans une diode laser a été utilisé pour réaliser un vélocimètre de faible coût et d'encombrement réduit pour mesurer la vitesse de véhicules ou de défilement d'objets nécessitant actuellement des capteurs coûteux; mesure de distance absolue à haute résolution à l'aide d'un interféromètre à modulation continue de fréquence (diode laser à 1,55 _m) présentant l'intérêt de pouvoir être utilisable pour les courtes et longues distances; mesures vibratoires prometteuses des parties tournantes par sondes optiques placées sur le carter d'une turbomachine en utilisant une "analyse multicadence" permettant de lever les ambiguïtés dans les estimations de fréquences.

 

• Session 5b: Mesures des distances, déplacements, dimensions (suite).

Suite de la session précédente, a été présidée par P. BOONE (Université de Gand) et par F. STOECKEL (Université Jean Fourier, Grenoble) et a traité assez largement de mesures dimensionnelles par diverses techniques : triangulation laser pour numériser des objets physiques ou des scènes entières et les convertir en données numériques pour des applications industrielles diverses (mesure et contrôle de la production et de l'outil de production dans l'automobile, le spatial,…) préfigurant l'avènement de "l'usine virtuelle"; projection de franges pour la saisie des formes d'objets biologiques vivants sous incidence fortement variable (membres inférieurs, par exemple) pour l'ortho-prothèse, en améliorant la technique d'analyse des franges; holographie conoscopique (utilisation d'un cristal uniaxial et d'un laser pour mesurer la distance d'un point de l'objet à une optique du système) pour des mesures dimensionnelles 2D et 3D, polyvalentes, rapides, précises et simples, en atelier de production dans les industries mécaniques, plasturgiques et du caoutchouc; vision automatisée avec zoom télécentrique motorisé (et piloté par logiciel) associé à un système d'éclairage adapté (dioscopique, épiscopique axial ou surfacique avec diodes électro-luminescentes). Pour obtenir des mesures plus rapides, plus précises et se rendre indépendantdu grossissement et de l'éclairage,un système autofocus rapide (1000 points par seconde), résolvant (0,1 _m) a été développé; mesure du temps de vol pour les distances de 1 à 20 m en utilisant une mesure du déphasage entre le signal modulé sinusoidalement émis vers la cible et le signal réfléchi par cette cible. La première caméra 3D à large champ de vision développée selon ce principe donne des résultats prometteurs (précision 5% pour des objets avec état de surface à réflexion lambertienne situés entre 0,5 m et 10 m, cadence 5 images/s); anlayse de front d'onde de type Shack-Hartmann permettant d'extraire de façon directe la phase d'un faisceau optique et d'en déduire une mesure de distance de haute précision (1 _m à 100 mm). Le système industriel intégrant une caméra CCD linéaire, une matrice de microlentilles et un système d'éclairage présente de nombreux avantages par rapport aux systèmes existants qui ont été analysés. Les applications effectuées sont déjà nombreuses : dans l'industrie mécanique (cotes de pièces, profilométrie), dans l'industrie du plastique, du bois, de la métallurgie (contrôle d'épaisseur et de hauteur, inspection et contrôles des moules, prototypage rapide,…), dans l'industrie du semi-conducteur (contrôle de planéité,…) et dans la robotique.

 

• Session 6: Thermographie et techniques IR

Présidée par J.C. KRAPEZ (ONERA, Châtillon) et par D. PAJANI (Institut de la Thermographie, Verrières-le-Buisson) a traité pour la première fois dans le colloque de la thermographie et des techniques IR appliquées à des domaines les plus variés : approche rapide et peu onéreuse du comportement en fatigue de matériaux (aciers, alliages d'aluminium) lors d'essais de traction/compression cyclique grâce à une procédure de démodulation synchrone spécifique permettant de connaître en chaque pixel les deux premières composantes de Fourier de la température et la pente de sa croissance linéaire; détection de fissures débouchantes ou non dans des matériaux métalliques minces, détection de défauts d'isolation thermique dans des pavillons d'habitation à l'aide de la radiométrie photothermique, technique nouvelle et simple de mise en œuvre, modulable, personnalisable en fonction des besoins et complémentaire des techniques classiques de contrôle non destructif des matériaux minces (jusqu'à quelques centimètres d'épaisseur), notamment dans les 100 premiers micromètres; maintenance préventive sans contact et à distance à l'aide d'une caméra de thermographie infrarouge industrialisée d'équipements en fonctionnement, de tout type d'installations électrique, mécanique, réfractaires, bâtiment, canalisations,…; évaluation simple et rapide, toujours par thermographie IR et grâce au couplage thermomécanique, d'une limite d'endommagement acceptable et d'une résistance à la fatigue par grippage de cordes de tennis sous tensions et contraintes d'effets de jeu; mesure de flux et de température des surfaces par caméra de thermographie IR, avec mise en œuvre d'une méthode de calage de l'émissivité pour la fiabilité,dans le domaine agro-alimentaire : estimation de "l'efficacité" d'un condenseur de circuitfroid monté sur un véhicule frigorifique, calage d'une sonde IR de température située en sortie de chaîne d'une industrie fromagère; localisation en temps réel et sur site de zones en cours d'endommagement mécanique et de défauts dans les structures aéronautiques grâce à la thermographie couplée à la démodulation (Lock-in Thermography), technique performante pour la mesure des contraintes et l'analyse des phénomènes thermomécaniques; mesure de température "vraie" d'un corps (mesure fine du flux IR émis pour une surface précise, sur plusieurs longueurs d'onde, et déduction du profil d'émissivité) à l'aide d'un spectroradiomètre spécifique devant à terme avoir une exactitude proche de sa sensibilité (0,1 à 0,2 °C); analyse de la corrosion d'échantillons de zinc et de nickel exposés en atmosphère urbaine à l'aide de l'imagerie par spectroscopie IR en mode réflexion; visualisation de scènes nocturnes à plus de 1000 mètres en environnement sévère à l'aide d'un système d'imagerie active proche IR permettant des temps d'acquisition de 50 _s à une cadence de 20 à 30 Hz avec une résolution spatiale suffisante pour détecter un véhicule en mouvement à 1000 m. Ce système compact, autonome en énergie et résistant aux chocs et vibrations intenses est un outil très bien adapté pour des applications de visionique embarquée; comparaison de mesures de diffusivité thermique et de micro-dureté Vickers sur un dépôt de chrome électrolytique à l'échelle locale (quelques _m_) à l'aide de la microscopie photothermique comportant un module d'excitation périodique (modulation acousto-optique d'un laser à argon) et un module d'observation utilisant la photoréflexion modulée. Ce système est particulièrement adapté à la mesure des propriétés thermiques des revêtements métalliques réfractaires.

 

• Session 7: Caractérisation des surfaces – Rugosité

Présidée par D. COURJON (Laboratoire d'Optique P.M. Duffieux, Université de Franche-Comté, Besançon) et par F. VIEIRA (Phase-Optic, Dourdan) a traité de la caractérisation des surfaces et de la rugosité. Sa première partie a été consacrée à diverses applications des différentes techniques de microscopie : caractérisation automatique de réseaux de micro-lentilles MOEMS (rugosité, espacement, rayon de courbure, diamètre,…) à l'aide de la microscopie interférentielle en lumière blanche ayant une résolution de 0,1 nm dans le plan vertical; mesure de rugosité dans le domaine du nanomètre, contrôle de positionnement d'un tableau de miroirs, contrôle dimensionnel sur micro-moteurs MEMS, mesure des déformations de membranes en tungstène par un système d'interférométrie en lumière blanche couplé à un microscope optique classique permettant une résolution verticale allant du nanomètre au millimètre sur des champs allant de 100 _m à plusieurs millimètres de côté; topographie de surfaces, mesure in situ de couches de faibles épaisseurs (par exemple, épaisseur de vernis sur peintures automobiles, épaisseur de bouteille en verre) par microscopie confocale à codage chromatique avec référence absolue qui permet une mesure non perturbée par les défauts aléatoires propres auxdéplacements des tables mécaniques; acquisition d'images topographiques à haute cadence et haute résolution (1 nm en vertical, 1 _m en latéral) d'écrans plats par microscopie interférentielle à modulation sinusoïdale de phase (avec correction de la phase optique induite par les propriétés optiques des différents matériaux mesurés simultanément) permettant d'atteindre des temps d'acquisition suffisamment brefs (50 ms) pour travailler en présence de vibrations dans des environnements industriels instables. L'instrument permet également la visualisation de surfaces enterrées sous des couches transparentes; mise en évidence de phénomènes liés au champ proche optique (par exemple, apparition d'ondes évanescentes associées à la réflexion totale à l'interface entre deux milieux d'indices de réfraction différents) par photopolymérisation conduisant à la réalisation d'objets minces en polymère pour la micro-optique. Par ailleurs, l'étude de la photopolymérisation sous pointe laisse espérer la naissance de techniques innovantes de mise en forme des matériaux; cette session s'est terminée par un exposé sur la physique de la microscopie en champ proche optique avec des réflexions très intéressantes sur la recherche de la superrésolution et la détection des champs évanescents.

 

• Session 7b: Caractérisation des surfaces – Rugosité (suite)

Présidée par D. COURJON (Laboratoire d'Optique P.M. Duffieux, Université de Franche-Comté, Besançon) et par S. LESKO (Veeco Instruments, Dourdan) a montré d'autres approches de la caractérisation des surfaces et de la rugosité : étude de l'érosion (0,1 à 10 _m) de composants en fibres de carbone dans le tokamak TORE SUPRA par interférométrie de speckle à deux longueurs d'onde permettant d'accéder au relief. La faisabilité de cette technique dans les conditions expérimentales difficiles est en cours : réglage de l'écart des deux longueurs d'onde et extraction de la phase optique par transformation de Fourier grâce à un Oscillateur Paramétrique Optique et un laser Nd : YAG pulsé; diffusion angulaire haute résolution pour l'identification et la localisation de centres diffusants : sondage de la microstructure de matériaux à l'échelle des fréquences optiques, mesure de l'indice de réfraction des surfaces, poudres ou volumes ne présentant aucune réflexion spéculaire; étude et caractérisation de couches minces anisotropes et de milieux diffusants à l'aide d'un polarimètre de Mueller spectroscopique : utilisation d'un laser YAG pulsécouplé à un OPO (Oscillateur Paramétrique Optique) donnant un continuum de longueurs d'onde allant de 220 nm à 1700 nm, mise en place d'un banc goniométrique permettant de travailler à angle de diffusion variable, et d'un polarimètre, le tout permettant d'étudier l'évolution des éléments de la matrice de Mueller (qui caractérise la signature polarimétrique du milieu) en fonction de la longueur d'onde et de l'angle de diffusion; étude de la corrélation entre la morphologie de surfaces de tôles d'acier doux "skin-passées" d'aspect poli brillant et leurs niveaux de brillance afin de répondre à un besoin industriel de contrôle de qualité. Il a été montré que la paramètre de rugosité le plus pertinent pour décrire la topographie de surface est la dimension fractale, paramètre dont l'estimation n'est pas normalisée aujourd'hui; faisabilité d'une mesure rapide, précise, économique, non destructive et automatique des intensités diffractées par des réseaux optiques de période submicronique donnant, grâce à un traîtement par réseaux de neurones, une bonne estimation des paramètres du profil des réseaux.

 

• Session 8: Enjeux de la qualité, de la normalisation, de la certification et de la formation

A traité des enjeux de la qualité, de la normalisation, de la certification et de la formation en optique. Ce thème nouveau dans notre colloque a été construit par R. STEHLÉ (Apports et Stratégies, La Garenne) sur incitation du GIFO (Groupement des Industries Françaises de l'Optique). Sous la présidence de J.M. CAUSSIGNAC (Laboratoire Central des Ponts et Chaussées, Paris) et de M. HONLET (Honlet Optical System, Neu-Ulm/D), les exposés suivants ont bien reflété les préoccupations des métrologues : définition de la qualité en recherche (et non qualité de la recherche !) et démarche à suivre, à partir d'une méthodologie et de critères reconnus, pour assurer la confiance du résultat et garantir la validité des produits de la recherche. Par analogie avec les pratiques industrielles et le langage ISO, tout se passe dans le cadre d'une relation "client/fournisseur" de la recherche au centre de laquelle se trouve le chercheur. Des exemples de critères, de dispositions ont été donnés qui peuvent constituer des thèmes pédagogiques à l'intention des jeunes chercheurs. L'importance de la démarche qualité en optique dans le contexte concurrentiel international a été souligné; définition de l'exploitation des référentiels attachés aux normes comme cadres contractuels et vecteurs de qualité, information sur l'emploi de la norme en droit commercial et incitation des managers, par une argumentation sur la prise de risque, à participer aux travaux de normalisation à travers les coûts et retours sur investissements engendrés précisément par la qualité; exemple d'une initiative internationale visant la normalisation de méthodes optiques. Le projet VAMAS (Versailles project on Advanced Materials and Standards créé en 1982) a permis notamment la création de réseaux de spécialistes et de groupes travaillant dans les mêmes domaines, l'harmonisation de différentes méthodes d'essai et de leur procédure d'utilisation, un transfert des résultats sous une forme standard pouvant déboucher directement sur des normes internationales, européennes ou nationales, la réalisation de travaux de pré-normalisation dans les domaines se développant rapidement, avant la création formelle d'un comité de normalisation. Un groupe de travail (TWA 26) sur la mesure des déformations et contraintes par des méthodes optiques globales a été créé en 1999; évolution des normes internationales concernant la métrologie dimensionnelle : une des premières causes d'incertitude dans ce domaine provenait d'une définition ambiguë du mesurande du fait que la spécification décrite dans les années 90 était axée sur les formes idéales et non à partir des formes réelles. La réponse à ce problème a été proposée en 1996 à l'ISO et a fait l'objet d'une publication ISO en 2001 qui rénove le langage des spécifications géométriques des produits mécaniques. La notion d'incertitude est généralisée. Cette approche concerne non seulement les techniques de mesurage par contact, mais également celles du mesurage optique; définition de la thermographie et mise au point sur quelques incohérences ou inconsistances qu'il conviendrait de supprimer et adopter un langage commun clair, analyse critique des normes françaises en thermographie à travers les "Essais Non Destructifs" et les "Contrôles Non Destructifs" (normes qu'il conviendrait de réviser), évolution positive de la qualification des opérateurs en thermographie avec les premiers stages qualifiants en 1998, problèmes posés par la certification des opérateurs et par les organismes de certification lorsque les définitions ne sont pas correctes…Enfin, des propositions concrètes sont faites pour remédier aux insuffisances et faire que des normes distinctes soient élaborées en END et en mesure/contrôle non destructif, les méthodologies et les enjeux étant radicalement différents; analyse de l'accréditation en métrologie dimensionnelle constatant que la part réservée aux méthodes optiques est très limitée. Un bref panorama de la situation a été fait (définition des mesures dimensionnelles, mécanismes de l'accréditation,…) qui permet de comprendre les causes de cette limitation et de dégager des pistes pour pallier cette insuffisance, notamment à travers la nouvelle organisation du COFRAC (Comité Français d'Accréditation); les besoins en certification des méthodes optiques globales se font de plus en plus sentir, au point qu'un groupe d'industriels en relation avec l'aéronautique a lancé un groupe de travail de cinq personnes pour réaliser une procédure de certification niveau 1 et 2 du personnel devant utiliser les méthodes d'interférométrie holographique et de speckle pour des applications sur les structures et moteurs aéronautiques, en production comme en maintenance; en se référant au monde de l'optique industrielle (à travers divers exemples concrets comme le laser mégajoule) et en faisant une analyse critique de la normalisation optique en France, il est montré comment les procédures de création des normes, en favorisant les échanges, peuvent forcer le progrès technique et, dans le même temps, donner un avantage à ceux (pays, sociétés, individus) qui participent activement à la normalisation. Enfin, les divers aspects de la formation en optique ont été abordés en essayant de répondre à la question essentielle suivante : en France, les formations sont-elles, en 2001, adaptées aux besoins actuels et prévisibles de l'industrie ? Des constats sont faits : le monde industriel et le cycle recherche-formation-industrie n'a pas favorisé l'optique. La rupture la plus criante s'est effectuée au niveau de la formation, mais la recherche française en optique, malgré son haut niveau international, n'a pas assuré facilement le transfert de ses résultats vers l'industrie. Des actions positives ont été entreprises pour redresser la situation dès 1990 avec le rapport de CADAS qui indiquait "qu'il est urgent de diffuser une nouvelle dimension de la photonique… et de réabiliter l'optique auprès des professeurs et des médias". Puis les actions récentes menées par Optics Valley avec la SFO, le GIFO, le Ministre de l'Éducation Nationale et celles menées depuis 1985 par la Commission d'Enseignement de la SFO ont mis en évidence une prise de conscience de la nécessité d'adapter les formations et surtout de créer une culture scientifique favorable à l'optique. La diversité des réservoirs d'emplois exprime la nécessaire pluridisciplinarité des formations associées à l'optique et à la photonique, à tous les niveaux (et donc pas seulement au niveau Bac + 5, mais également au niveau BEP, BT ou Bac Pro où rien n'existe en optique) et dans tous les aspects de cette discipline. Il faut créer dans l'enseignement secondaire et peut-être dans le primaire un intérêt scientifique pour l'optique et élaborer les outils de cette culture. Et finalement, il faudrait inciter les responsables scientifiques et économiques à observer la mobilisation qui s'effectue aujourd'hui aux USA concernant les métiers de l'optique… Il faut également noter que les problèmes évoqués pour la France se rencontrent également dans d'autres pays francophones !